Prévenir les risques du travail en hauteur quand on est un monteur réseau

Prévenir les risques du travail en hauteur quand on est un monteur réseau

Lorsque vous intervenez avec une nacelle élévatrice pour installer des cables réseaux, entretenir un équipement d’éclairage public ou une ligne aérienne, plusieurs dangers peuvent se cumuler.

Vous vous exposez déjà à un risque d’électrocution mais pas que.  Chutes de hauteur, circulation routière ou encore aux chutes d’objets font aussi partie du lot. Ce qui amène à conclure que la sécurité de votre chantier dépend autant de sa préparation que des équipements utilisés et de la coordination entre les membres de votre équipe.

Vous intervenez dans des environnements très différents

Le métier de monteur en réseaux recouvre un périmètre particulièrement large d’activités. Vous pouvez participer à l’installation, à l’entretien et à la mise en service de réseaux électriques basse ou haute tension.  Qu’il s’agisse de réseaux aériens ou souterrains.

Votre fonction vous amène aussi à intervenir sur les réseaux de télécommunications en cuivre ou en fibre, ainsi que sur différents équipements urbains. Une pluralité qui vous rend compétent dans différents domaines comme :

  • L’éclairage public
  • La signalisation
  • Les bornes de recharge
  • Les système de vidéosurveillance

Cette diversité vous confronte néanmoins à des conditions de travail très variables. Vous pouvez travailler à la fois dans une rue étroite, sur une route fréquentée, dans une zone rurale ou à proximité d’une ligne électrique aérienne. Chaque nouvel emplacement vous demande alors une analyse spécifique de votre environnement.

Vous ne pouvez pas simplement reproduire le mode opératoire utilisé sur le chantier précédent. La configuration du réseau, la circulation, les conditions météorologiques, les obstacles, la portance du sol et l’espace disponible autour de votre véhicule à nacelle peuvent avoir changé.

Quels sont les principaux risques d’intervention quand on est monteur réseau ?

Les accidents résultent souvent de l’enchaînement de plusieurs facteurs :

  1. une mauvaise identification du réseau,
  2. un véhicule mal positionné,
  3. une signalisation insuffisante
  4. un mouvement imprévu du bras de la nacelle.

Votre évaluation des risques devrait toujours couvrir l’ensemble de l’intervention. De votre arrivée sur le lieu de l’opération jusqu’au repli complet du matériel (pas que le repli du bras de la nacelle).

Le risque électrique

Les plus gros risques auxquels vous vous exposez lorsque vous intervenez à proximité d’un réseau électrique sont l’électrisation, l’électrocution, la brûlure ou l’arc électrique. Rappelons qu’un accident peut survenir tout autant après un contact direct avec un conducteur que sans contact lorsque votre distance d’approche devient insuffisante.

On pourrait penser à tord que vous seul êtes concerné par ce risque d’électrocution, hors, le bras de votre nacelle, vos outils, les câbles manipulés ou toute autre partie de votre équipement peuvent pénétrer dans une zone dangereuse. Vous devez également tenir compte des mouvements du conducteur électrique sous l’effet du vent et du balancement éventuel des équipements utilisés.

L’arrêté du 5 juillet 2024 fixe des distances générales de sécurité de trois mètres pour les lignes aériennes nues dont la tension est inférieure ou égale à 50 000 volts. Cette distance passe à cinq mètres lorsque la tension est supérieure à 50 000 volts et inférieure ou égale à 500 000 volts. On vous recommande vivement d intégrer ces valeurs à votre analyse du chantier. Sans toutefois les considérer comme un remplacement des mesures définies avec l’exploitant du réseau

Vous devez également distinguer les opérations réalisées dans l’environnement d’un ouvrage sous tension des travaux sous tension. Ces derniers répondent à des procédures, des compétences et des équipements spécifiques. La présence d’un équipement isolé ne suffit pas, à elle seule, à autoriser une intervention sous tension.

Les chutes de hauteur et le risque d’éjection

Les opérations sur poteaux, façades, lignes aériennes ou équipements urbains vous conduisent inéluctablement – si l’on peut dire – à travailler en hauteur. Une nacelle élévatrice sur véhicule, comme le sont le fourgon nacelle ou la nacelle sur camion vl, vous permet d’accéder à ces zones depuis un panier équipé de protections périphériques.

Elle constitue ainsi une protection collective contre les chutes de hauteur. Faute est de prétendre que la nacelle élévatrice supprime le risque d’éjection provoqué par un choc, un mouvement brutal de la machine ou une mauvaise utilisation de l’équipement.

Ce risque peut être sous-estimé parce que le panier est entouré de garde-corps. Pourtant, le heurt du bras par un autre véhicule peut transmettre un mouvement suffisamment violent pour vous déséquilibrer et vous projeter hors du panier.

Le risque lié à la circulation routière

Vos fonctions de monteur réseau vous obligent la plupart du temps à travailler sur un trottoir, un accotement ou directement sur la chaussée. Dans ces cas là votre véhicule peut empiéter sur une voie de circulation, tandis que le bras et le panier évoluent au-dessus ou à proximité des usagers.

Avant tous travaux sur le domaine public, vous devez rendre votre chantier visible le plus tôt possible. La signalisation doit être adaptée à la configuration des lieux, à la vitesse de circulation, à l’emprise de votre véhicule et au caractère fixe ou mobile de l’intervention.

Elle peut comprendre :

  • une présignalisation,
  • des panneaux,
  • des cônes,
  • des barrières,
  • des dispositifs lumineux
  • une signalisation complémentaire sur votre véhicule

Une bonne alternative consiste aussi à positionner votre nacelle élévatrice de manière à limiter l’exposition du bras à la circulation. Lorsque cela n’est pas possible, prévoyez des mesures complémentaires pour séparer physiquement votre zone de travail des véhicules ou modifier temporairement les conditions de circulation.

Les chutes d’outils et de matériels

Lorsque vous intervenez en hauteur, les personnes situées au sol – opérateur comme piétons – peuvent être exposées à la chute d’outils, de pièces, de câbles ou de composants démontés.

Le port d’un casque ne suffit pas à maîtriser le risque de chute de matériel ou d’outils.

La meilleure chose à faire est de définir une zone d’exclusion sous et autour de votre zone de travail. Son périmètre doit tenir compte de la hauteur, de la nature des objets manipulés et des éventuels rebonds.

Les manutentions et les contraintes physiques

Vous devez souvent transporter et manipuler des outils, des câbles, des équipements de raccordement ou des éléments encombrants. La manipulation et le transport de vos outils et équipements sans parler des postures que vous pouvez avoir durant vos interventions augmentent aussi les risques de blessures et de chutes.

Le choix de votre véhicule et son aménagement  facilitent l’accès au matériel et limite les mouvements inutiles. Ce qui a fortiori contribute à réduire les risques de l’intervention.

Le choix de votre nacelle élévatrice contribue elle aussi à réduire ces risques.  Le bon modèle est celui qui vous permet de placer le panier au plus près de la zone d’intervention sans que vous ayez à tendre les excessivement les bras ou pire à vous pencher au-delà des garde-corps.

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Comment préparer votre intervention sur un réseau ?

Identifiez les réseaux présents

Avant votre intervention, déterminez la nature, l’emplacement et les caractéristiques des réseaux présents. Autrement dit vérifiez tout autant l’ouvrage sur lequel vous allez opérer que les réseaux voisins.

Pour les travaux réalisés à proximité de réseaux aériens ou enterrés, le responsable du projet adresse une déclaration de projet de travaux, ou DT. L’entreprise chargée de l’exécution transmet ensuite une déclaration d’intention de commencement de travaux, ou DICT, aux exploitants concernés.

Les réponses des exploitants précisent la localisation des réseaux en service et les précautions à prendre. Vous devez exploiter concrètement ces informations dans la préparation de votre chantier, puis les communiquer à toutes les personnes concernées.

Cette démarche est précieuse si vous intervenez sur un réseau télécom à proximité de lignes électriques. Entre fin 2022 et 2023, plusieurs accidents graves ou mortels sont survenus lors du remplacement de poteaux télécoms près de lignes de 20 000 volts.

L’OPPBTP recommande notamment d’intégrer la nature des réseaux, la procédure DICT et les moyens de prévention à votre analyse de risques.

Soyez attentifs à l’environnement qui vous entoure

Prendre le temps de faire une reconnaissance du chantier vous permet de vous assurer que les informations préparatoires correspondent aux conditions réellement rencontrées. Cette reconnaissance doit porter sur l’ensemble de l’espace dans lequel votre véhicule, le bras et le panier de la nacelle vont évoluer.

Les contrôles à effectuer visent en premier lieu :

  • l’emplacement et la hauteur des réseaux aériens ;
  • la largeur de la chaussée et l’intensité de la circulation ;
  • la présence de piétons, de cyclistes ou d’accès riverains ;
  • la pente, la planéité et la résistance du sol ;
  • la présence d’arbres, de façades ou d’autres obstacles ;
  • l’espace nécessaire au déploiement du bras ;
  • les possibilités de balisage et de mise en sécurité ;
  • l’accès aux commandes de secours.

Pour ce qui est de l’état du sol mérite nous préférons vous prévenir  de ne pas déployer votre nacelle sur une surface dont la résistance ou la stabilité ne permet pas de supporter le véhicule dans sa configuration de travail. Respectez toujours les limites définies dans la notice du constructeur.

Définissez votre mode opératoire

Le positionnement du véhicule doit tenir compte de la trajectoire complète du bras, ainsi que de sa position pendant toute la durée de l’intervention. Se fier uniquement à la distance initiale entre le véhicule et le réseau constituerait une grave erreur d’appréciation.

Votre mode opératoire doit notamment préciser qui conduit la nacelle, qui surveille le chantier, comment vous communiquez et quelles actions sont prévues en cas d’incident.

Une personne au sol doit pouvoir accéder aux commandes de secours et connaître leur fonctionnement. Elle doit également pouvoir vous alerter si un véhicule, un piéton ou un obstacle pénètre dans votre zone de travail.

Comment sécuriser votre chantier avant de lever le panier ?

Une fois votre véhicule installé, vous devez réaliser plusieurs vérifications avant toute élévation. Cette phase conditionne la stabilité de la machine et la protection des personnes présentes.

Balisez votre zone d’intervention

Nous vous conseillons d’installer la signalisation avant le début effectif des travaux. L’idée n’est pas uniquement d’informer les usagers, mais de leur laisser le temps de comprendre la situation et d’adapter leur trajectoire.

Votre balisage doit couvrir l’ensemble de l’emprise de la nacelle, y compris les zones survolées par le bras ou le panier. Il doit aussi tenir compte des mouvements prévus pendant l’intervention.

Si un opérateur est chargé de surveiller la circulation, il ne doit pas être considéré pour autant comme une mesure de protection infaillible. Selon votre niveau d’exposition, une séparation matérielle, une signalisation renforcée ou une modification de la circulation peut rester nécessaire.

Contrôlez votre nacelle et son porteur

Avant de monter dans la nacelle il est impératif que vous effectuyez des contrôles prévus par le constructeur et par l’organisation de votre entreprise. L’état général du véhicule, du bras, du panier, des commandes et des dispositifs de sécurité font parti intégrante de ces verification pré-intervention.

Portez une attention particulière aux éléments suivants :

  • les commandes depuis le panier et depuis le sol ;
  • les dispositifs d’arrêt d’urgence ;
  • les systèmes de stabilisation ;
  • les pneumatiques et les appuis au sol ;
  • les garde-corps et le portillon du panier ;
  • les alarmes et dispositifs de signalisation ;
  • les points d’ancrage prévus par le constructeur ;
  • l’absence de fuite ou de détérioration visible.

Surtout ne banalisez aucune anomalie. Si un défaut peut affecter la stabilité, les commandes ou les dispositifs de sécurité, retirez l’équipement du service jusqu’à sa remise en état.

Respectez les limites de votre machine

La hauteur de travail et le déport ne sont pas les seules limites à respecter. La charge admissible dans le panier, le nombre d’occupants, la vitesse du vent, la pente et la configuration des stabilisateurs peuvent également conditionner votre utilisation.

Intégrez vos outils et les pièces emportées dans le calcul de la charge. N’utilisez jamais une échelle ou un escabeau dans le panier pour gagner quelques centimètres supplémentaires.


Préparez vous avant de prendre de la hauteur

Vous l’aurez compris, votre sécurité repose sur une succession de décisions prises avant et pendant l’intervention. La nacelle élévatrice ne fait que vous faciliter l’accès au réseau électrique sur lequel vous devez travailler, dans un cadre protégé.

Mais elle ne peut remplir sa fonction que dans la mesure où elle est correctement dimensionnée, contrôlée et utilisée par des opérateurs formés.

KLUBB vous propose plusieurs configurations de nacelles élévatrices destinées aux professionnels des réseaux électriques, des télécommunications et de l’éclairage public. Nos équipes vous accompagnent dans le choix d’un véhicule adapté à vos contraintes d’accès, à votre environnement de travail et aux caractéristiques de vos interventions.

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