Structurer un DUERP pour l’utilisation des nacelles sur porteur

duerp et nacelle sur porteur

Structurer un DUERP pour l’utilisation des nacelles sur porteur

duerp et nacelle sur porteur

Lorsque vos équipes interviennent avec un fourgon nacelle ou un camion nacelle, les risques auxquels elles sont exposées varient. Un sol instable peut compromettre la mise en station du véhicule. La présence d’une ligne électrique impose des précautions particulières. Sur la voie publique, la circulation des véhicules et des piétons ajoute d’autres contraintes.

Ces situations doivent être prises en compte dans votre document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP). Encore faut-il savoir comment les identifier, les organiser et les transcrire dans un document adapté aux activités de vos équipes.

Quelles unités de travail définir ? Comment construire une grille d’évaluation pour vos nacelles élévatrices ? Et comment passer des risques identifiés aux mesures de prévention ? Voici les étapes à suivre pour structurer votre DUERP, en tenant compte des particularités de vos équipements et de leurs conditions d’utilisation.

Quelle place donner aux nacelles sur porteur dans le DUERP ?

Toute entreprise employant au moins un salarié doit disposer d’un DUERP. Prévu par le Code du travail, ce document rassemble les résultats de l’évaluation des risques professionnels auxquels les travailleurs sont exposés. Comme le rappelle Service Public dans sa présentation des obligations relatives au DUERP, c’est à vous, employeur, qu’appartient d’identifier ces risques et de définir les mesures nécessaires pour protéger la santé et la sécurité de vos salariés.

Si votre entreprise utilise des plateformes élévatrices mobiles de personnel (PEMP), les risques liés à ces équipements doivent être intégrés au document unique. Vous n’avez pas à créer un document distinct pour chaque nacelle de votre parc. L’évaluation s’organise par unités de travail, en tenant compte des activités exercées et des conditions d’exposition des salariés.

Pour les nacelles sur véhicule, cette analyse couvre aussi bien le travail en hauteur que les opérations qui le précèdent. Le déplacement du porteur, son stationnement, la mise en station ou le déploiement du bras présentent chacun des risques à examiner.

Les salariés qui travaillent au sol doivent également être pris en compte. Selon les chantiers, ils peuvent participer au balisage, accompagner certaines manœuvres ou intervenir dans l’organisation des secours.

Comment organiser les unités de travail et les situations d'intervention ?

Pour construire votre DUERP, commencez par observer les activités réalisées avec vos nacelles. 

  1. Quelles équipes utilisent ces équipements ? 
  2. Sur quels types de chantiers interviennent-elles ? 
  3. Quelles contraintes rencontrent-elles au cours d’une journée de travail ?

Ces informations vous permettront de définir les unités de travail, puis de décomposer les interventions en situations à évaluer.

Identifier les unités de travail concernées

Une unité de travail regroupe des salariés confrontés à des conditions d’exposition comparables. Vous pouvez la définir à partir d’une activité, d’un environnement de travail ou de l’organisation de vos équipes.

Prenons l’exemple d’une entreprise qui utilise des fourgons nacelles pour entretenir l’éclairage public. Ses techniciens travaillent sur la voie publique, à proximité de la circulation et parfois de réseaux électriques. Une équipe chargée de la maintenance de bâtiments industriels rencontre d’autres contraintes, liées surtout aux obstacles, aux accès et à la présence de machines.

Ces activités peuvent justifier des unités de travail distinctes, même si les équipes utilisent des nacelles présentant des caractéristiques proches.

Le découpage doit refléter vos conditions d’intervention. Pour le définir, associez les opérateurs et les responsables de chantier à votre démarche. Leur expérience permet d’identifier les difficultés rencontrées sur le terrain, mais aussi les pratiques mises en place pour les maîtriser.

Les notices des équipements, les rapports de vérification et les retours d’expérience après un incident apporteront également des informations utiles. Cette approche rejoint les recommandations de l’INRS sur l’identification et l’analyse des risques professionnels, qui souligne l’intérêt de l’observation du travail et des échanges avec les salariés.

Décomposer les interventions pour identifier les situations à risque

Une fois vos unités de travail définies, examinez les différentes étapes d’une intervention.

Avec un fourgon nacelle ou un camion nacelle, les opérations commencent avant l’élévation du panier. L’arrivée sur le chantier, le choix de l’emplacement et les conditions d’installation du véhicule influencent la suite des travaux.

Pour organiser votre analyse, vous pouvez reprendre les principales phases d’utilisation

Phase d'intervention Situations à examiner
Déplacement du porteur Circulation routière, manœuvres, accès au chantier
Stationnement Présence de piétons, coactivité, encombrement de la voie
Mise en station Portance du terrain, pente, déploiement des stabilisateurs selon l'équipement
Déploiement du bras Obstacles, lignes électriques, mouvements du panier
Travail en hauteur Risques de chute, d'éjection, d'écrasement ou de surcharge
Descente et repli Risques de heurt, de coincement et manœuvres autour du véhicule

Cette décomposition peut vous aider à identifier les circonstances dans lesquelles vos salariés sont exposés à un danger. Elle évite aussi de concentrer toute l’évaluation sur le travail depuis le panier.

Vous disposez alors d’une première base pour remplir votre grille DUERP.

Comment construire et remplir une grille DUERP adaptée aux nacelles sur porteur ?

La réglementation ne fixe pas de modèle unique pour présenter l’évaluation des risques professionnels. Vous pouvez utiliser un tableau ou un support numérique adapté à votre entreprise, à condition d’y consigner les résultats de l’analyse.

Pour les activités utilisant des nacelles élévatrices, nous vous conseillons de construire votre grille autour des situations de travail identifiées. Chaque enregistrement doit permettre de comprendre le risque, les personnes exposées et les mesures prévues pour le maîtriser.

Quelles informations doivent figurer dans votre grille d'évaluation ?

Pour faciliter le suivi, votre grille peut comporter les rubriques suivantes :

Rubrique Informations à renseigner
Unité de travail Équipe ou groupe de salariés concerné
Activité et phase de travail Opération réalisée
Situation dangereuse Conditions dans lesquelles les salariés sont exposés
Danger et risque identifié Source du danger et événement susceptible de provoquer un dommage
Dommages potentiels Blessures ou atteintes possibles à la santé
Personnes exposées Opérateurs et autres salariés concernés
Évaluation du risque Niveau de risque selon la méthode de cotation retenue
Mesures de prévention existantes Moyens techniques et organisationnels en place
Actions complémentaires Mesures à engager, responsable, échéance et suivi

Ces rubriques constituent une proposition de structure. Vous pouvez les compléter selon les besoins de votre entreprise.

Par exemple, il peut être utile d’identifier le modèle de nacelle utilisé lorsqu’une caractéristique technique influence l’exposition au risque. La configuration des stabilisateurs, la capacité du panier ou les limites de déport peuvent avoir une incidence sur les conditions d’utilisation.

Veillez aussi à distinguer les mesures de prévention déjà appliquées de celles que vous envisagez de mettre en place. Vous pourrez ainsi suivre les actions engagées et vérifier leur efficacité.

Pour approfondir la construction de votre document, Thalie Santé détaille les étapes de réalisation du DUERP, depuis l’identification des unités de travail jusqu’au suivi des actions de prévention.

Comment décrire les risques propres aux nacelles sur véhicule ?

Pour remplir votre grille, partez d’une situation concrète. Identifiez ce qui peut provoquer un accident, les circonstances dans lesquelles les salariés y sont exposés et les dommages possibles.

Imaginons un camion nacelle utilisé pour remplacer un luminaire sur un accotement. Avant de déployer les stabilisateurs, l’opérateur doit s’assurer que le terrain peut supporter les efforts transmis par les appuis. Si le sol présente une portance insuffisante, un stabilisateur peut s’enfoncer et provoquer une perte de stabilité du véhicule.

Dans votre DUERP, vous pourrez distinguer :

  • Le danger : un terrain dont la résistance est insuffisante pour les charges transmises.
  • La situation dangereuse : la mise en station d’un camion nacelle sur cet emplacement.
  • L’événement redouté : l’affaissement d’un appui et le renversement du véhicule.
  • Les dommages possibles : une chute, un écrasement ou des blessures graves pour les personnes exposées.

Cette méthode peut être appliquée aux autres situations rencontrées lors des interventions en hauteur : panier manœuvré près d’une façade, travail à proximité de conducteurs électriques, chute d’objets ou risque de collision sur la voie publique.

Les caractéristiques techniques de votre nacelle doivent être prises en compte dans cette analyse. La charge maximale du panier, le déport horizontal, les conditions de stabilisation ou la vitesse de vent admissible sont définis dans la documentation du fabricant. Ces données permettent d’identifier les limites dans lesquelles la machine peut être utilisée.

La configuration de l’équipement mérite une attention particulière. Une nacelle équipée de stabilisateurs ne présente pas les mêmes contraintes de mise en station qu’un modèle conçu pour travailler sans stabilisateurs. Nous revenons sur ces différences dans notre article consacré aux nacelles avec et sans stabilisateurs.

En tant que fabricant de nacelles élévatrices sur porteurs, nous conseillons de vous appuyer sur la notice du modèle concerné pour préparer votre évaluation. Les valeurs et les limites d’utilisation peuvent varier d’une machine à l’autre. La brochure ED 6419 de l’INRS consacrée aux plateformes élévatrices constitue également une référence pour comprendre les conditions de choix, de vérification et d’utilisation de ces équipements.

Comment évaluer et hiérarchiser les risques identifiés ?

Une fois les risques recensés, vous devez apprécier leur importance pour déterminer les mesures de prévention à mettre en œuvre.

Plusieurs critères peuvent être utilisés pour établir votre cotation :

  • La gravité : quelles seraient les conséquences d’un accident pour les salariés ?
  • La fréquence d’exposition : à quelle fréquence les équipes rencontrent-elles cette situation ?
  • La probabilité de survenue : dans les conditions observées, quelle est la possibilité que l’événement dangereux se produise ?

Vous pouvez également tenir compte de l’efficacité des mesures de prévention existantes.

La réglementation n’impose pas de matrice de cotation particulière. Certaines entreprises utilisent une échelle de 1 à 4 pour la gravité et l’exposition. D’autres préfèrent des catégories comme « faible », « modéré », « élevé » ou « critique ». L’essentiel est d’utiliser une méthode définie, adaptée aux risques de l’activité et compréhensible par les personnes qui participent à l’évaluation.

Prenons le risque de renversement d’un camion nacelle. Ses conséquences potentielles peuvent être mortelles, même si les circonstances qui pourraient provoquer l’accident sont peu fréquentes. Cette gravité doit apparaître dans votre appréciation.

La cotation vous aidera à déterminer vos priorités. Elle ne dispense toutefois pas de respecter les obligations réglementaires ou les conditions d’utilisation prescrites par le constructeur.

Exemple : comment remplir une grille DUERP pour une intervention en camion nacelle ?

Reprenons notre exemple d’une équipe chargée de la maintenance de l’éclairage public.

Le camion nacelle doit être installé sur un accotement comportant plusieurs regards techniques. Avant toute élévation, les conditions d’appui et la capacité du terrain à supporter les charges transmises par les stabilisateurs doivent être examinées.

Voici comment vous pourriez transcrire cette situation dans votre DUERP.

exemple de duerp pour camion nacelle

Cet exemple est une aide à la structuration. La cotation, les mesures existantes et les actions retenues doivent être adaptées à la situation de travail réelle.

La grille permet ensuite de passer de l’identification du risque aux décisions de prévention.

Dans notre exemple, l’employeur pourra prévoir une procédure de reconnaissance du terrain, définir les conditions de choix d’un emplacement et préciser les consignes relatives à l’utilisation des stabilisateurs et des dispositifs de calage.

Si le terrain ne permet pas une mise en station conforme aux instructions du fabricant, un autre emplacement ou une autre méthode de travail devra être retenu.

Vous pouvez suivre cette démarche pour chaque situation identifiée. À mesure que vous complétez votre grille, vous obtenez une évaluation structurée autour des activités de vos équipes, des risques rencontrés et des moyens nécessaires pour les prévenir.

Exploiter et mettre à jour votre DUERP ?

Votre grille est renseignée, les risques sont évalués et les priorités identifiées. Il reste à définir les actions qui permettront d’améliorer les conditions de travail et à organiser leur suivi.

Définir des mesures de prévention adaptées aux nacelles élévatrices

Les mesures retenues doivent répondre aux risques que vous avez identifiés. Elles peuvent concerner le choix du matériel, l’organisation du chantier, les compétences des opérateurs ou les procédures de sécurité.

Pour les nacelles sur porteur, plusieurs dispositions méritent une attention particulière : l’autorisation de conduite, les vérifications de l’équipement, la préparation de la mise en station et l’organisation des secours.

La conduite des PEMP nécessite une formation adaptée et une autorisation délivrée par l’employeur. Le CACES R486A constitue un moyen recommandé d’évaluer les connaissances et le savoir-faire des conducteurs, sans remplacer cette autorisation. L’INRS précise les conditions de délivrance de l’autorisation de conduite, ainsi que le rôle du CACES dans cette démarche.

Les nacelles élévatrices mues mécaniquement sont également soumises à une vérification générale périodique (VGP) tous les six mois. Ces vérifications réglementaires ne remplacent pas les contrôles à effectuer avant l’utilisation de la machine.

Chez KLUBB, nous avons consacré un article aux contrôles à réaliser sur site avant d’utiliser une nacelle élévatrice. Il détaille les points à examiner concernant le terrain, l’environnement de travail et l’équipement.

Ces obligations et précautions doivent être prises en compte dans votre démarche, mais elles ne couvrent pas toutes les situations rencontrées sur le terrain.

Une intervention à proximité d’une ligne électrique, par exemple, peut exiger des mesures de prévention propres à l’environnement du chantier. Le choix de la nacelle, la préparation de l’opération et les distances de sécurité applicables devront être examinés en conséquence.

Pour chaque action retenue, nous vous conseillons de préciser qui est chargé de sa mise en œuvre, dans quel délai et comment son efficacité sera vérifiée.

Dans les entreprises de moins de 50 salariés, les résultats de l’évaluation débouchent sur une liste d’actions de prévention et de protection consignée dans le DUERP et ses mises à jour. À partir de 50 salariés, ils alimentent le programme annuel de prévention des risques professionnels et d’amélioration des conditions de travail (PAPRIPACT).

Quand faut-il actualiser l'évaluation des risques ?

Vos conditions d’intervention peuvent évoluer au fil du temps. Vous pouvez intégrer un nouveau modèle à votre parc, travailler sur des chantiers présentant d’autres contraintes ou modifier l’organisation de vos équipes.

Ces changements doivent vous conduire à vérifier si les risques inscrits dans votre DUERP correspondent encore aux conditions de travail.

L’article R. 4121-2 du Code du travail prévoit une mise à jour du document au moins une fois par an dans les entreprises d’au moins 11 salariés. Pour les structures de moins de 11 salariés, cette actualisation annuelle systématique n’est pas imposée.

Quel que soit l’effectif, une mise à jour reste nécessaire lorsqu’un aménagement important modifie les conditions de santé et de sécurité ou lorsqu’une nouvelle information justifie de réévaluer un risque.

Il faut également distinguer cette démarche de l’analyse réalisée avant chaque chantier.

Le DUERP couvre les risques associés aux activités de votre entreprise. L’examen d’adéquation permet, quant à lui, de vérifier que la nacelle choisie convient à une intervention donnée. Hauteur de travail, déport, charge du panier, stabilité du porteur et contraintes d’accès font partie des éléments à examiner.

Si une intervention révèle un danger qui n’avait pas été identifié, ce retour d’expérience peut conduire à actualiser le DUERP et les mesures de prévention.

Le comité social et économique (CSE), lorsqu’il existe, doit être consulté sur le DUERP et ses mises à jour. Le document actualisé est transmis au service de prévention et de santé au travail auquel l’entreprise adhère. Ses versions successives doivent être conservées pendant 40 ans.

Pour les collectivités et autres employeurs publics utilisant des nacelles, l’évaluation des risques reste obligatoire, avec des modalités de mise à jour propres à la fonction publique. Le portail de la fonction publique consacré au DUERP présente ces obligations.


Un DUERP construit autour des conditions réelles d'intervention

Pour structurer votre DUERP, commencez par les activités de vos équipes. Identifiez les unités de travail, décomposez les interventions, décrivez les risques et évaluez les situations d’exposition. Les résultats vous permettront de définir vos priorités et d’organiser les mesures de prévention.

La qualité de cette évaluation dépend des informations recueillies sur le terrain, mais aussi de votre connaissance des équipements utilisés. Les caractéristiques d’un fourgon nacelle ou d’un camion nacelle, ses limites d’utilisation et les prescriptions de son fabricant sont des éléments à prendre en compte.

Chez KLUBB, notre connaissance des nacelles sur porteur nous permet d’accompagner les professionnels dans la compréhension des caractéristiques techniques de leurs machines et de leurs conditions d’utilisation. Ces informations peuvent contribuer à préparer l’évaluation des risques menée par chaque employeur.

Partager cette publication